Etudes qualitatives et comportementales
au service de votre performance online

rechercher
études
conseil
solutions
storytelling
références
web tendances
monday smile
numeri-kiosque
presse
équipe
contact
newsletter
Entretien avec Christophe Lombart, développeur  Envoyer

 

 

"Avec le web 2.0 : je suis en même temps acteur et spectateur"


Comment définiriez-vous le web 2.0 ?

Aujourd’hui le terme Web 2.0 est souvent employé, mais on ne peut pas lui donner une définition précise, établie par un organisme officiel. En fait, c’est plutôt un consensus de définitions qu’une définition en elle-même. En 2004, des Américains de la société O’Reilly - qui est la référence, une entreprise au top de la mouvance - se sont dit dans un colloque que le Web avait tellement évolué qu’il fallait désormais l’appeler 2.0. Entre 1996 et 2005, il s’est écoulé près de dix ans s’étaient écoulés, et en une décennie, beaucoup de choses avaient changées. Le terme web 2.0 permettait donc de dire qu’il y avait eu d’importantes évolutions. Ce n’est pas le W3C, qui s’occupe de la norme, qui a introduit le terme “web 2.0”, mais l’équipe d’O’Reilly. Ça explique pourquoi chacun a son avis sur cette appellation.

 

Quelles ont été ces principales évolutions ?

La première remarque des gens de O’Reilly a été de se dire que le web s’était transformé en plate-forme. Aujourd’hui, ce n’est plus simplement un espace où l’on consulte des sites, mais tout un environnement. En 2004, on commençait à voir émerger des standards, des systèmes de communication, des possibilités de développer des applications qui ne correspondaient plus à des sites, mais qui étaient à la fois applicatif de sites et moyens de mettre les gens en relation, etc… Le deuxième point fondamental, ça a été l’émergence d’une intelligence collective. Cette démarche participative a débouché sur un développement exponantiel : au début des années 90, il y avait des 1 000 sites internet, aujourd’hui, la Toile en compte des dizaines de millions.

 

Autre concept fondamental du web 2.0 : je suis en même temps acteur et spectateur. Alors que pour le Web 1.0 j’étais spectateur. Dans le Web 2.0, je donne mon avis et c’est comme ça qu’on a vu émerger des bloggeurs devenus des stars. Par exemple le blog Tech Crunch.

 

Quels sites vous semblent les plus représentatifs du web 2.0 ?

Wikipedia et Google, c’est un bon tandem aujourd’hui. Les gens sont devenus Google words dans le sens où beaucoup d’entreprise ne prennent en compte que le Google ranck. Parfois, on peut se retrouver avec des liens commerciaux qui n’ont aucun intérêt informatique et devoir aller jusqu’à la page 5 ou 6 pour obtenir l’information recherchée.

 

En revanche, avec Wikipedia, il y a un historique qui correspond à un canevas matriciel plutôt bien fait, et les liens proposés sont souvent intéressants. Malgré ce qu’en disent ses détracteurs, c’est une source d’information remarquable, notamment dans le domaine des nouvelles technologies. Même si parfois on peut relever des erreurs dans Wikipedia, selon sa propre connaissance dans le domaine, on trouve quand même des informations intéressantes. Si on est dans le domaine de l’informatif pur, les gens sont corrects, plus que sur des thématiques de propagande. L’intérêt de Wikipedia, c’est qu’on met en partage un savoir. Ce n’est pas une relation de maître à élève, ce sont des gens qui donnent leur savoir et qui sont contents de partager leurs connaissances parce qu’ils sont passionnés. Il y a 2 millions de post en langue anglaise et 500 000 entrées en langue française sur Wikipedia. Je crois que c’est même en train de dépasser, en nombre d’entrées, l’encyclopédie Universalis. Personnellement, aujourd’hui, pour une recherche précise, je fais Google, Wikipedia, plus une sélection de blogs.

 

Firefox est également un outil merveilleux pour ceux qui recherchent de l’information. Tous les bookmarks sont mis sur un système et dès que tu te reconnectes sur un autre poste tu retrouves tous tes bookmarks. À terme, on peut imaginer que Firefox devienne une espèce de web operating system qui propose un package complet. On n’aura plus besoin de Windows, de Mac OS, de Linux…, on a un micro-Kernel et Firefox sur n’importe quel périphérique, on est directement connecté au net et c’est mis à jour automatiquement…

 

Joost, c’est une télévision sur Internet. On installe un applicatif avec lequel on a accès à des canaux. On ne regarde plus la télévision à travers un navigateur mais à travers l’applicatif. Ça permet d’avoir un concept basé sur la technologie de Firefox. C’est ce qu’on appelle les torrents, c’est-à-dire qu’on partage les flux sur des milliers de serveurs, ce qui permet d’avoir une super bande passante et de disposer d’une télévision sur internet sans avoir besoin d’un serveur lourd. Côté modèle économique, en échange de la publicité, il y a un interstitiel qui est gravé dans le programme et que l’internaute ne peut donc pas passer. Y sont ajoutées des fonctionnalités de web communautaire. On peut discuter avec les autres internautes qui regardent le programme en même temps grâce à des layers transparents qui viennent sur la vidéo.

 

Ça ne marche pas à tous les coups. Facebook, par exemple, reste super rigide. On n’y voit pas vraiment le côté vivant de sa communauté. Et puis, on peut s’interroger sur leur modèle économique… Est-ce que c’est de faire parler de soi et de se faire racheter par une autre société… ? Microsoft aurait parlé de 6 millions de dollars… On parle des “réseaux sociaux” ou “réseaux communautaires ”. Francis Pisani, un journaliste du Monde qui anime le blog Transnet, lui, préfère dire “réseaux réticulaires”. C’est un terme récent et donc encore peu usité, mais le mot “social” en France est très connoté dans l’imaginaire des gens.

 

Netvibes, c’est un peu décevant, comme Facebook. Le principe du volume d’onglets est intéressant, mais on ne peut assez le personnaliser, on n’a pas assez de liberté pour l’organiser. En plus, graphiquement, c’est pauvre, pas assez aéré. C’est bien pour un power user, mais pas pour l’utilisateur lambda.

 

Enfin, on ne peut pas parler du web 2.0 en oubliant les blogs. Certaines versions sont très pointues. Drupal, par exemple, c’est du blog dans du blog, c’est-à-dire qu’on peut avoir cent blogs en Drupal et donner un droit d’accès à n’importe quel membre de son propre blog. Il y a des concepts de blog qui se voient ou pas, suivant le niveau d’accès des demandes. Il y a de la taxonomie, c’est-à-dire qu’on peut créer des dizaine de pages de vocabulaire. On peut faire de la navigation par taxonomie verticale ou transversale. Il y a 2 000 modules. Il y a un système CCK qui permet de créer des critères sur-mesure : titre, sous-titre, chapeau, etc, et de les organiser comme on le veut. Le view permet également à l’utilisateur d’organiser comme il le souhaite les données. Ça évite au développeur de se taper des tonnes de script. Sur Drupal, il y a une API et c’est assez clair sur le plan du développement informatique. Alors, que Joomla …

 

Les blogs peuvent avoir un gros pouvoir. Les gens donnent leur avis sur leur blog, quand ils commencent à se sentir à l’aise, puis, s’ils sentent que leurs interventions sont pertinentes, ils créent des communautés. Et quand la communauté devient importante, elle devient un contre-pouvoir énorme par rapport aux marques. Il commence à y avoir un vrai pouvoir informatif issu du web. Par exemple, Ciao ! C’est une base de consommateurs, 38 millions de consommateurs européens, où chacun donne son avis sur les produits et services. Mais il faut aussi se méfier des chiffres : sur Second Life, on nous annonce des millions d’utilisateurs, alors qu’il y a 30 000 utilisateurs simultanés en ligne.


Quelles sont les technologies qui ont provoqué des mutations majeures ?

Aujourd’hui, la mine d’or, ce sont les bases de données. Jquery, par exemple, une librairie intelligente dans laquelle on peut piocher pour faire des formulaires, pour vérifier qu’ils sont bien tapés, pour rafraîchir les portions de page sans recharger toute la page, etc. Jquery UI vient de sortir. C’est l’interface Ajax qui permet de créer des fenêtre pop up, etc.n va pouvoir imaginer des interactions, des jeux, sans avoir besoin de faire appel au Flash.

Le web 2.0, c’est aussi rendre les navigateurs plus intelligents.Ce qui est d’abord visible, ce sont les interfaces enrichies. Mais derrière, il y a le côté applicatif. Avant, on avait son traitement de texte sur sa machine. Aujourd’hui, avec Zoho par exemple, on a une suite applicative qu’on télécharge à travers son navigateur. On a un Word, un Powerpoint, Excel évolué, etc. En prime, c’est communautaire et on peut faire du workgroup. En individuel, c’est gratuit et dès qu’on rentre dans le domaine professionnel communautaire, c’est payant. C’est un bon modèle économique. Qu’on soit client ou pas, le service clientèle est très réactif.

Un exemple type aujourd’hui de plate-forme applicative, c’est Facebook, avec son API (Application Programming Interface). Ça permet à d’autres systèmes informatiques de facilement rentrer dans mon système tout en bétonnant la base de données utilisateurs.

Autre exemple : Ubuntu sous Linux. C’est un Linux communautaire : il suffit d’aller sur un portail où tous les applicatifs sont disponibles, mis à jour, gratuitement. On est à mi-chemin entre le système d’exploitation de la machine personnelle et le système d’exploitation en ligne. Ou encore Zimbra, un Outlook en web 2.0, c’est à dire en Ajax. C’est un applicatif purement internet, mais il existe aussi une version off line. On peut partager ses agendas, etc. Aujourd’hui, l’applicatif a quitté le monde du PC.

Comment imaginez-vous les prochaines évolutions du web ?

Un exemple de l’évolution qui ne sera pas uniquement logiciel et réseau, c’est les étiquettes RFID intégrées dans les objets et qui vont interagir avec leur environnement. On peut imaginer qu’en passant devant la caisse de supermarché, en un instant, toutes les étiquettes qui émettent leur identité par des ondes seront reconnues… On paiera avec son téléphone portable qui sera protégé par un capteur pour Bluetooth. Tous les objets vont finir par avoir une étiquette RFID, donc une identité, et vont pouvoir converser entre eux, avec les périphériques, avec le réseau. Et tout cela va donner naissance à des choses qu’on ne soupçonne pas encore…

 

Et puis, dans l’avenir, l’économie de l’attention va devenir capitale. Sur Netvibes, on va recevoir une pub pour aller sur Pageflackes, le concurrent de Netvibes…

 

Microsoft va sortir, live.com c’est à dire qu’on aura son portail personnalisé qui sera une sorte de mix entre Netvibes et MyYahoo ! Ils ont déjà lancé un système Popfly, pour faire des mashup visuels. On prend des portions d’applications qu’on met en interaction entre elles et qui finissent par un widget qu’on intègre sur son bureau ou sur son blog. On peut ensuite le partager avec d’autres personnes. Microsoft va aussi sortir une suite de développement, Silverlight qui comprend Expression Web, sorte de Dreamweaver, Expression Design, un clone de Photoshop, et Blend, qui est un mix entre Flash et Fireworks, un outil de traitement graphique de Macromedia.
Le leitmotiv, aujourd’hui, c’est de faire un ensemble où les designers puissent en permanence dialoguer avec les développeurs. Il y aura ainsi des interfaces directement compatibles avec une grande partie du net. On pourra y intégrer du son, de la vidéo, normale ou HD, de l’interactivité, de la petite 3D, du vecteur, du texte, etc… Et ça pourra servir à la fois pour le on et pour le off-line. De son côté, Adobe a déjà développé son système Air, qui comprend l’Ajax, le Flash, le texte, le PDF et le navigateur internet. Ce qui fait qu’on peut développer un applicatif logiciel. On pourra couvrir 70% des besoins logiciels du grand public. En fait, tous les navigateurs que nous avons sur nos ordinateurs vont considérablement évoluer. La part applicatif se mélangera encore davantage avec la part interface.

Le web sémantique va aussi être quelque chose d’important. Selon Tim Berners-Lee, d’ailleurs, le web 3.0, ce sera avant tout le web sémantique. En gros, c’est donner du signifiant dans des machines. On pourra avoir des réponses aux recherches sur le web, manipuler des concepts au niveau informatique. Le mot correspondra à un signifiant pour une machine.
Enfin, la réalité augmentée va aussi se développer. Par exemple, avec un casque, on pourra voir l’environnement dans lequel on est et y ajouter des parties manquantes avec un transparent qui s’appliquera sur l’image.

 

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez notre actualité.




Témoignages client